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Gazon anglais : inconvénients, entretien et alternatives

Le gazon anglais est beau, mais il demande un entretien régulier, coûteux et chronophage que beaucoup de jardiniers sous-estiment au départ. Avant de vous lancer, voici ce que vous devez vraiment savoir.

Sur Jardinier Disponible, on reçoit souvent ce genre de message : "J’ai planté un gazon anglais l’an dernier, et maintenant je ne m’en sors plus." C’est la situation la plus courante. Ce type de pelouse séduit pour son aspect dense, vert et parfaitement uniforme. Mais cet effet impeccable a un prix, en temps, en eau et en argent.

Voici ce que vous allez découvrir dans cet article :

  • Pourquoi le gazon anglais demande autant d’entretien
  • Quels sont ses points faibles face au climat et aux maladies
  • Combien il coûte vraiment sur plusieurs années
  • Quelles alternatives plus simples existent pour votre jardin

Gazon anglais inconvénients : pourquoi cette pelouse demande autant d’entretien

Le gazon anglais est composé d’espèces fines comme le ray-grass anglais (Lolium perenne) ou la fétuque rouge (Festuca rubra). Ces herbes donnent un rendu lisse et dense, mais elles sont exigeantes. Elles ne supportent pas l’abandon.

Pour maintenir cet aspect soigné, vous devez intervenir sur plusieurs fronts tout au long de l’année :

  • Tonte très régulière
  • Arrosage soutenu, surtout en été
  • Scarifiage et aération du sol au printemps
  • Fertilisation deux à trois fois par an
  • Traitement des mauvaises herbes et de la mousse
  • Regarnissage des zones abîmées

Ce n’est pas un gazon pour les jardiniers occasionnels. C’est un gazon pour les personnes organisées, disponibles et prêtes à y consacrer du temps chaque semaine.


Une tonte très fréquente pour garder un aspect impeccable

La hauteur de coupe idéale pour un gazon anglais se situe entre 2 et 3 cm. En dessous, l’herbe souffre et se dégarnit. Au-dessus, elle perd son aspect net.

En période de forte croissance, de avril à juin, vous devez tondre toutes les semaines, parfois tous les cinq jours. Sur une pelouse de 100 m², chaque session de tonte représente environ 30 à 45 minutes, en comptant le ramassage. Sur une année, cela peut dépasser 30 heures de tonte pour une surface moyenne.

Si vous coupez trop court lors d’une chaleur intense, vous brûlez le gazon. Si vous attendez trop longtemps entre deux tontes, vous ne pouvez pas respecter la règle du tiers : ne jamais enlever plus d’un tiers de la hauteur d’un coup. La régularité est donc indispensable, pas optionnelle.

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Un besoin en eau élevé qui pose problème en été

Un gazon anglais bien entretenu consomme en moyenne 20 à 30 litres d’eau par m² par semaine en plein été. Sur une pelouse de 50 m², cela représente entre 1 000 et 1 500 litres par semaine.

En cas de sécheresse, le gazon jaunit en quelques jours. Il peut entrer en dormance, mais il ne revient pas toujours sans dommages. Dans les régions du sud de la France, où les étés sont secs et chauds, maintenir un gazon anglais vert de juin à septembre relève du défi permanent.

Des restrictions d’arrosage sont désormais fréquentes dans de nombreux départements chaque été. En 2023, plus de 60 départements ont été placés en alerte ou en crise sécheresse entre juillet et septembre. Dans ces conditions, votre gazon anglais devient ingérable.


Des coûts d’entretien plus importants que prévu

Le budget d’un gazon anglais ne se limite pas à l’installation. C’est l’entretien annuel qui pèse le plus lourd dans la durée.

Poste de dépense Coût estimé par an
Eau (arrosage sur 100 m²) 80 à 150 €
Engrais (3 apports/an) 40 à 80 €
Traitements (herbicide, fongicide) 30 à 60 €
Carburant ou électricité (tondeuse) 20 à 50 €
Semences pour regarnissage 15 à 40 €
Total annuel estimé 185 à 380 €

Sans compter l’amortissement du matériel : une tondeuse de qualité coûte entre 150 et 600 €, un scarificateur entre 80 et 250 €. Sur 10 ans, la facture totale d’un gazon anglais sur 100 m² peut facilement dépasser 3 000 €.


Une pelouse fragile face aux maladies et aux parasites

Le gazon anglais est sensible à de nombreux problèmes phytosanitaires. L’humidité excessive, une coupe trop courte ou un excès d’engrais azoté favorisent l’apparition de maladies fongiques.

Les plus fréquentes en France sont :

  • Le fusarium (Microdochium nivale) : taches brun-orangé qui s’étendent rapidement
  • Le fil rouge (Laetisaria fuciformis) : filaments rouges visibles entre les brins d’herbe
  • La rhizoctonie (Rhizoctonia solani) : cercles bruns irréguliers sur la pelouse
  • L’oïdium : poudre blanche sur les feuilles par temps chaud et sec

Les larves de hanneton et les tipules peuvent aussi attaquer les racines de l’intérieur, sans que vous ne voyiez rien jusqu’aux dégâts. Quand les symptômes apparaissent, la pelouse est souvent déjà très endommagée.


L’impact environnemental du gazon anglais

Une pelouse anglaise parfaitement entretenue est, écologiquement parlant, un désert vert. Elle n’abrite presque aucun insecte pollinisateur. Elle ne nourrit ni les abeilles, ni les papillons, ni les vers de terre en profondeur.

Les traitements répétés aux herbicides et fongicides appauvrissent progressivement la vie microbienne du sol. Un sol traité régulièrement perd en biodiversité souterraine. Il devient plus compact, moins fertile et plus dépendant des apports extérieurs. C’est un cercle vicieux.

Une tondeuse à essence émet en moyenne 100 g de CO₂ par heure de fonctionnement. Sur 30 heures de tonte annuelle, cela représente environ 3 kg de CO₂, sans compter les traitements et l’eau.

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Un gazon peu adapté aux climats secs et aux sécheresses

Le ray-grass anglais et la fétuque fine ont besoin d’un ensoleillement modéré et d’une humidité régulière. Ils sont naturellement adaptés au climat britannique, d’où leur nom. En France, ils fonctionnent bien en Bretagne, en Normandie ou dans les zones montagneuses humides.

Dans le sud-ouest, le pourtour méditerranéen ou les plaines de l’est soumises aux canicules, ce type de gazon souffre dès juin. Il jaunit, se creuse de trous, et réclame des quantités d’eau de plus en plus difficiles à justifier.


L’erreur courante à éviter quand on choisit un gazon anglais

La plus grande erreur est de choisir un gazon anglais uniquement pour son esthétique, sans évaluer les contraintes réelles de son jardin.

Posez-vous ces questions avant de semer ou de poser des rouleaux :

  • Mon sol est-il drainé ou argileux et compact ?
  • Mon jardin est-il exposé plus de 5 heures par jour en plein soleil ?
  • Suis-je disponible pour tondre chaque semaine de avril à octobre ?
  • Ai-je un accès à l’eau suffisant, même en été ?

Si vous répondez non à deux de ces quatre questions, un gazon anglais classique n’est probablement pas le bon choix pour votre situation.


Quelles alternatives plus simples et plus résistantes choisir ?

Il existe des solutions qui donnent un beau résultat avec bien moins de contraintes.

Alternative Arrosage Tonte Coût annuel estimé Biodiversité
Gazon rustique (fétuque ovine) Faible 1 fois/3 semaines 50 à 120 € Moyenne
Prairie fleurie Très faible 1 à 2 fois/an 20 à 60 € Excellente
Couvre-sol (thym, trèfle) Très faible Rare 30 à 80 € Bonne
Mélange ray-grass + trèfle Modéré 1 fois/2 semaines 60 à 130 € Bonne

La prairie fleurie est l’alternative que je recommande le plus souvent aux familles. Elle demande une seule fauche par an, attire les pollinisateurs, et coûte très peu. Elle n’a pas l’air d’un terrain de golf, mais elle vit, elle respire et elle enchante les enfants.


Faut-il vraiment choisir un gazon anglais pour son jardin ?

La réponse dépend entièrement de votre situation concrète. Si vous avez le temps, le budget et un climat humide, un gazon anglais peut être magnifique. Mais pour la grande majorité des familles françaises, il représente une contrainte disproportionnée par rapport au plaisir qu’il apporte.

Un gazon rustique bien choisi, une prairie fleurie ou un mélange résistant vous donnera un jardin agréable, facile à vivre et bien plus tolérant à vos absences du week-end.


À retenir

  • Le gazon anglais nécessite une tonte toutes les semaines en pleine saison, avec une hauteur de coupe maintenue entre 2 et 3 cm.
  • Il consomme entre 20 et 30 litres d’eau par m² par semaine en été, ce qui devient problématique en période de sécheresse.
  • Le budget annuel d’entretien oscille entre 185 et 380 € pour 100 m², sans compter l’amortissement du matériel.
  • Il est sensible à de nombreuses maladies fongiques (fusarium, fil rouge, rhizoctonie) et à certains parasites des racines.
  • Des alternatives comme la prairie fleurie ou le gazon rustique offrent un bien meilleur rapport entretien / résultat pour la plupart des jardins de famille.

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