Jardinier Disponible S'abonner

Taille sévère d’un olivier : méthode, période et conseils

Un olivier mal entretenu depuis plusieurs années peut être remis en forme grâce à une taille sévère. Cette intervention, parfois impressionnante à réaliser, est en réalité bien tolérée par l’arbre quand elle est faite au bon moment et avec les bons gestes. Voici ce que vous devez savoir avant de vous lancer :

  • Quand tailler : fin février à début avril, juste avant la reprise de la végétation
  • Ce qu’on enlève : bois mort, branches croisées, gourmands et branches mal placées
  • Ce qu’on garde : 3 à 4 branches charpentières bien réparties autour du tronc
  • Ce qui suit : arrosage, paillage, engrais azoté et surveillance de la repousse

On vous explique tout, étape par étape, comme si on était à côté de vous sécateur en main.


Pourquoi faire une taille sévère plutôt qu’une taille d’entretien classique

Une taille d’entretien suffit quand l’arbre est bien suivi chaque année. La taille sévère, elle, s’impose dans des situations précises.

Voici les cas où elle devient la bonne solution :

  • L’olivier n’a pas été taillé depuis 3 ans ou plus
  • La couronne est trop dense, l’air et la lumière ne circulent plus
  • Les branches se croisent et s’étouffent mutuellement
  • L’arbre a subi un stress important : transplantation, gel, sécheresse prolongée
  • La production d’olives a fortement chuté
  • L’arbre est devenu trop haut ou trop large pour être entretenu facilement

Un olivier adulte en pleine terre supporte bien une coupe atteignant 70 à 80 % du volume de la couronne. Un jeune arbre ou un olivier en pot demande plus de prudence.


La bonne période pour tailler sévèrement un olivier

Le moment choisi conditionne directement la reprise de l’arbre. Une erreur de calendrier peut ralentir la cicatrisation ou fragiliser l’olivier pour toute la saison.

Période Recommandation
Janvier – début février À éviter : risque de gel encore présent
Mi-février – mars Idéal dans les régions douces (Provence, Languedoc)
Mars – début avril Idéal dans les régions plus fraîches
Mai – juin Acceptable pour une taille légère seulement
Juillet – août À éviter : stress thermique trop fort
Septembre – décembre À éviter : l’arbre se prépare au repos hivernal
Lire aussi :  Comment tailler un saule crevette pour le garder compact

La règle à retenir est simple : on taille après les dernières gelées et avant que les bourgeons s’ouvrent. Dans le Midi, cela correspond souvent à la deuxième quinzaine de février. Dans les régions plus au nord, on attend plutôt la mi-mars.


Les outils indispensables avant de commencer

Une coupe nette cicatrise deux à trois fois plus vite qu’une coupe écrasée. Le choix de l’outil n’est donc pas un détail.

  • Sécateur à lames franches : pour les branches jusqu’à 2,5 cm de diamètre
  • Élagueur long manche : pour les branches entre 2,5 et 4 cm, sans échelle
  • Scie d’élagage : pour tout ce qui dépasse 4 cm de diamètre
  • Produit désinfectant (alcool à 70° ou solution d’hypochlorite) : à appliquer entre chaque coupe sur bois potentiellement malade
  • Mastic cicatrisant : pour les plaies de plus de 3 cm

Affûtez vos lames avant de commencer. Un outil émoussé déchire le bois au lieu de le couper, et cette petite négligence multiplie les risques d’infection.


Comment procéder : la méthode étape par étape

Commencer par observer avant de couper

Prenez cinq minutes pour faire le tour de l’arbre. Repérez mentalement la future charpente que vous voulez conserver. Trois ou quatre grosses branches bien réparties autour du tronc suffisent à reconstruire un bel arbre.

Supprimer en priorité le bois inutile

Commencez par ce qui ne fait aucun doute :

  • Les branches mortes, sèches ou cassées
  • Les branches malades (taches, écorce abîmée, bois mou)
  • Les rejets au pied du tronc
  • Les gourmands : ces tiges très droites et très vigoureuses qui pompent l’énergie sans produire

Travailler la charpente

Une fois le bois inutile éliminé, regardez à nouveau la structure. Supprimez les branches qui :

  • poussent vers l’intérieur de la couronne
  • se croisent avec une branche principale
  • doublonnent une branche déjà bien placée

Chaque coupe se fait juste au-dessus d’un bourgeon ou d’une petite branche latérale bien orientée. Jamais en plein milieu d’un rameau sans point d’appui.

Appliquer le mastic sur les grosses plaies

Après chaque coupe de plus de 3 cm, appliquez une fine couche de mastic cicatrisant. Cela limite l’entrée des agents pathogènes le temps que la plaie commence à se refermer.


Ce qu’on garde absolument : la règle des 3 à 4 charpentières

C’est la clé de toute taille sévère réussie. On garde 3 à 4 branches principales qui serviront de base à la reconstruction de l’arbre. Ces branches doivent être :

  • solides et de bon diamètre
  • bien réparties autour du tronc (pas toutes du même côté)
  • orientées vers l’extérieur de la couronne
  • exemptes de blessures ou de maladie
Lire aussi :  Dogwood : comprendre le cornouiller, ses espèces et usages

Ne coupez pas toutes les branches à la même hauteur. Une silhouette naturelle facilite la reprise et donne un résultat bien plus harmonieux après deux ou trois ans.


Les soins indispensables après la taille

La taille sévère est un stress. L’accompagnement qui suit fait souvent la différence entre un arbre qui repart vite et un arbre qui peine.

Soin Fréquence / dosage conseillé
Arrosage 1 à 2 fois par semaine si absence de pluie significative
Paillage au pied Couche de 8 à 10 cm, sans toucher le tronc
Engrais azoté 1 apport au printemps, 1 autre en juin
Surveillance parasites Vérification toutes les 2 semaines pendant 2 mois
Sélection des nouvelles pousses À partir de la 6e semaine après taille

Les premiers bourgeons apparaissent généralement 4 à 6 semaines après la coupe. L’arbre produira souvent une grande quantité de nouvelles pousses. Ce n’est pas un problème : c’est sa façon de réagir. Il faudra revenir quelques semaines plus tard pour garder les mieux placées et éliminer le reste.


Ce que vous pouvez attendre dans les années qui suivent

La patience est ici une qualité de jardinage à part entière.

  • Année 1 : reprise du feuillage, peu ou pas de floraison
  • Années 2 à 3 : retour progressif de la floraison
  • Années 3 à 5 : production d’olives qui se stabilise
  • Années 3 à 4 : forme définitive de l’arbre reconstituée

Une petite taille d’entretien chaque année, dès la deuxième saison, suffit ensuite à maintenir l’équilibre sans jamais avoir à revenir à une intervention aussi lourde.


Les erreurs les plus fréquentes à éviter

  • Tailler un olivier juste planté ou fraîchement transplanté : l’arbre cumule alors deux stress importants
  • Couper au mauvais moment : en plein gel ou en plein été
  • Supprimer toutes les branches à la même hauteur : la reprise est alors moins bien répartie
  • Oublier de désinfecter les outils entre deux oliviers ou entre bois sain et bois malade
  • Laisser les déchets de taille au pied de l’arbre, surtout en cas de maladie
  • Vouloir retailler trop vite la première année alors que l’arbre reconstruit son système foliaire

À retenir

  • La taille sévère d’un olivier se fait idéalement entre mi-février et début avril, après les dernières gelées
  • On conserve 3 à 4 branches charpentières bien réparties pour reconstruire la couronne
  • Les coupes doivent être nettes, avec des outils propres et affûtés ; le mastic est utile au-delà de 3 cm
  • L’arbre repart généralement en 4 à 6 semaines, mais la forme complète demande 3 à 4 ans
  • Paillage, arrosage régulier et engrais azoté sont les trois soins prioritaires après l’intervention

Laisser un commentaire